CONTRE LES DISCRIMINATIONS

TOUS RECONNUS D’UTILITÉ PUBLIQUE

Extrait de texte accompagnant l’exposition photographique.

COMMENT SE RECONNAIT-ON COMME SEMBLABLE OU COMME DIFFÉRENT ?

Cette question est au fondement de toute société et parfois la réponse que certaines sociétés ou régimes lui donnent se traduit par des comportements d’une très grande brutalité. Chaque individu est de la même façon confronté à cette question à chaque fois qu’il entre en contact avec les autres et notamment avec des personnes qu’il rencontre pour la première fois.

QUE SE PASSE-T’IL DONC QUAND NOUS RENCONTRONS QUELQU’UN ?

En fait, il s’agit d’une définition réalisée en quatre opérations simultanées et inséparables, mais que nous présentons ici séparément pour rendre cette opération plus explicite.

– En premier, nous puisons chez notre interlocuteur un certain nombre d’indices (caractéristiques corporelles, âge, sexe, posture physique, habillement…)

– En second, en fonction de ces indices, nous faisons l’hypothèse que notre interlocuteur correspond à un certain nombre de stéréotypes qui peuvent souvent être décrits à partir d’une série d’oppositions binaires (pauvre-riche, cultivé-inculte, libéral-rigide, introverti-extraverti…) dont la somme permet d’affecter l’individu à un groupe théorique d’appartenance.

– En troisième, nous donnons une valeur à ces stéréotypes en fonction de nos positions sociales (par exemple, la richesse peut être une valeur positive ou au contraire être connotée négativement pour des raisons « politiques » ou culturelles).

– Enfin en dernier, et à partir des trois premières opérations, nous portons un jugement – souvent définitif et sans appel – sur notre interlocuteur (quelqu’un peut par exemple être jugé comme occupant une position sociale enviable et être considéré comme un parvenu par une autre personne au même moment).

Ce court texte ne va certainement pas changer les opinions que nous avons des individus que nous rencontrons. Mais en permettant de comprendre sur quel processus se fonde l’appréciation que nous portons sur les autres, pouvons-nous peut être mieux maîtriser nos préjugés et, de ce fait, porter des appréciations fondées sur des désaccords réels plutôt que sur des suppositions.